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Le blog d' Isabelle BIGAND VIVIANI - Montgeron ma ville

12 août 1849 : le 1er train arrive à Montgeron

11 Août 2012, 23:05pm

Publié par Jacques F

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Article écrit par Jacques F      

Visionnez l'album photo en cliquant sur : train---Montgeron train---Montgeron

Ce dimanche 12 août 1849, est une date « révolutionnaire » pour Montgeron et, fondatrice du  Montgeron moderne : le premier train arrive dans notre ville !!!

Remontons-donc  un passé – pas si lointain que cela – ensemble. 

Le Maire, qui a exercé le mandant le plus long  à Montgeron , est Gaspard Edouard BONFILS (1803-1883. Ce riche paysan montgeronnais (sa ferme est aujourd’hui la « Ferme de Chalandray » en face du Cyrano), a été l’édile de Montgeron du 18 mai 1841 au 7 juillet 1878, soit plus de 37 années.

A ce propos, on ne peut regretter qu’aucun n'axe, qu’aucun équipement municipal ne perpétue son souvenir et que sa tombe au cimetière de Montgeron soit plus ou moins laissée à l’abandon.

Durant, ses mandats, la population montgeronnaise, essentiellement agricole (vigneronne), est passée de 1.023 à 1.876 habitants.

Il était rare que les montgeronnais se déplacent, avant 1830, vers Paris. Toute production et consommation était locale. Il y avait bien la« patoche » qui les conduisait de Villeneuve à Paris (quartier de la Bastille); mais cette charrette rustique était lente et, ses bancs en bois inconfortables.

De Montgeron, il fallait rejoindre Villeneuve à pied à moins que le l’on rencontre le bon M. Dumay qui vous faisait monter dans son équipage. Montgeron est-il devenu ainsi le précurseur de l’ »auto-stop » ?

Il existait également le « Corbeillard » (ne pas confondre avec le corbillard destiné à une autre forme, plus définitive, de transport !).

Le Corbeillard était un coche d’eau – à vapeur depuis 1828 - qui reliait Corbeil à la Capitale en faisant escale à Port Courcel.

Certes, Montgeron était une ville de passage mais, on ne s’y arrêtait pas : les diligences traçaient de Paris à Lyon et les rouliers (ancêtres hippomobiles de nos routiers) fréquentaient assidûment la « Nationale 5. »

 

Le premier chemin de fer desservant notre Région fut le Paris Corbeil en 1830. Mais là aussi, il était nécessaire de rejoindre Villeneuve le Roi en omnibus à cheval. L’autre possibilité était de se rendre en gare d’Athis-Mons et d'y d'emprunter le Bac d’Albon pour traverser la Seine.

 

Dès 1845 ; Plique, meunier à Brunoy et Conseiller d’Arrondissement (nous écririons maintenant Conseiller Général) lança une vaste pétition pour voir passer les trains par la vallée de l’Yerres. Il eut gain de cause.

Le Maire Bonfils fixa, lors d’un Conseil  Municipal en 1846 les points de passage au travers Montgeron, (les Pouvoirs Publics veulent regrouper Montgeron, Crosne et Yerres, dans une seule gare). A ce propos la gare de Yerres n’a été inaugurée qu’en juin 1951, quelques anciens s’en souviennent encore…

Bonfils, qui était un homme de progrès, cru beaucoup à l’arrivée des chemins de fer à Montgeron.

Il s’empressa de faire ouvrir un « Chemin neuf du Débarcadère «  (notre actuelle rue de Concy) pour permettre le passage de l’omnibus de Montgeron à Yerres.

 

La gare primitive de Montgeron fut construite, au même emplacement que maintenant, de manière rustique avec quelques planches, on ignorait encore quel succès de ce mode de transport aurait et s'il allait perdurer !

 

Dès le dimanche 12 août 1849, cinq trains circulèrent quotidiennement dans chaque sens, sur l’axe Paris-Tonnerre. Deux voies existaient alors : les plus à droite en allant vers Melun.

En 1853, la Cie PLM fut crée, et la gare actuelle construite. Elle fut inaugurée par le Prince Président Louis Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III.

La construction de la ligne (1846-1849) a été rapide mais épique !

Ainsi, le propriétaire du Château Henry de Rottembourg ne voulait pas voir de train passer au fond de son parc (l’actuel Carmel). D’où, la création du « Chemin Noir » et des nombreuses passerelles reliant Montgeron, afin, d’éviter que cette voie ferrée ne divise géographiquement Montgeron.

Pour l’aménagement des voies d’accès du « Débarcadère » il était nécessaire, d’élargir, d’ouvrir la rue de Crosne (ex Chemin de la Débouche devenue tout à tour route des Peupliers et aujourd’hui avenue du Maréchal  Foch). Le petit franchissement au dessus de l’Yerres fut maintes fois reconstruit à cause des terribles crues de l’année 1848.

 

L’Arrivée d’un train à Montgeron » a été immortalisée en 1876 par Claude Monet, lors de son séjour chez Ernest Hoschédé. (Cf : voir le sujet Claude Monet à Montgeron).

 

Pour être franc, l’arrivée du train n’a pas été du goût de tout le monde. Le Maire Bonfils reçu en cette occasion de nombreuses plaintes de ses administrés paysans « voilà les voleurs qui se sauvent » criaient-ils au passage d’un convoi car immanquablement cela devait amener à Montgeron des voyous parisiens….. (Ben voit !)

« Les trains font tourner les fruits et assaillent de maladies mes pomme de terre ! » écrit tel autre.

Une paysanne s’enchaîna pendant quelques jours à son cerisier pour « lutter » contre cette « voie du Diable ». Elle se faisait emmener la nourriture par des voisins. Bonfils négocia 100 FRF… et elle partit…

Les commerçants eux-mêmes, le long de la Nationale 5, (la déviation n’existait évidemment pas) redoutaient la désertification de leur boutique, car plus personne ne passerait par le Centre Ville !

 

Nous n’avons donc  rien inventé en 2009 !

 

Le Maire Beaufil, lutta pour obtenir une gare de marchandise à Montgeron, ainsi, que la ligne « circonvullatoire » (en fait la grande ceinture qui passera à Villeneuve Triage) : sans succès !

En 1850 il fait percer la rue du Chemin de Fer (rue Deglaire)

Le boulevard Sellier (1877) est plus tardif.

Jean-Charles Gatinot, le  grand historien de Montgeron, écrivit alors  dans ses carnets « Montgeron va se transformer, ce ne sera plus jamais un village »

 

En effet, les familles aisées de Paris vinrent s’installer en ces lieux, principalement pour la belle saison. La ville avec ses relations avec Paris devint un lieu recherché de villégiature. Déjà les premières « Villas » (propriétés en meulière) se construisirent.

Cela commenca par Blaignerie et les vignobles de la rue de la Cote d’Or, puis, très rapidement l’avenue de la Villa à Chalandray (aujourd’hui la rue Charles Deguy).

 

Le savant Pierre Flourens, a ainsi emménagé en 1863, sur l’actuel de la plus grande résidence privée de Montgeron : la Résidence du Parc des Cascades.

 

En 1866, la passerelle Bellevue enjambe au km 17,902,  les voies ferrées reliant le quartier Concy au reste de la ville, face à la rue Charles Deguy. Reconstruite en 1946, puis 1992, elle permet à de nombreux montgeronnais d’éviter un long détour pour se rendre à la gare.

 

Après les années noires (1870-1871) Bonfils à obtenu de la Veuve Aubry, fille de l’ancien maire Jacques  SELLIER et propriétaire de terrain, que celle-ci crée un lotissement de 15 Villas au droit de l’avenue éponyme.

Plus tard, le lotissement Victor Hugo/La Fontaine/Loti/Chateaubriand près du Château de Chalandray (aujourd’hui l’école de Musique Pablo Casals + caserne des pompiers) terminera cette première expansion.

 

L’arrivée du train transforma en profondeur et durablement notre ville, qui doucement, ressemble à la ville que nous connaissons.

 

En 1903, la Cie P.L.M. (Paris Lyon Méditerranée) décida, compte tenu de l’accroissement du trafic, de créer deux voies supplémentaires (les deux voies les plus à gauche en allant vert Melun). Ainsi les rue du Pont de Bart, rue du Moulin de Senlis et rue Bastier de Bez (1er adjoint du maire Bonfils qui a cédé ses terrains gracieusement à la ville) s'en trouvèrent amputées.

Cela entraîne des travaux de génie importants : allongement des ponts, les passerelles, déplacer les assainissements, etc.…

 

De nouveau après la Seconde Guerre mondiale, lors de l’électrification de la ligne, les ouvrages d’art devront être surélevés pour  poser  des caténaires. Nous pouvons encore voir de nos jours si nous nous y attardons, sur les piliers des ponts les conséquences de ces travaux.

Concomitamment à la construction  de la gare d’Yerres, en 1951, un passage souterrain a été creusé permettant aux voyageurs de ne plus traverser les voies. En tête de train (vers Melun) vous pouvez découvrir encore les stigmates de ce passage.

 

A cette occasion, une sortie à été aménagée rue du Moulin de Senlis permettant aux personnes rejoignant Crosne ou le Quartier de la Senlis de ne plus passer par la gare ou le Chemin Noir.

 

Jusqu’en 1977, Montgeron était reliée à Paris-Lyon, gare de surface. La construction  de la gare souterraine est intervenue cette année là, en même temps que l’arrivée du RER A, à Gare de Lyon, soit 77 ans après la station Gare de Lyon situé elle sur la ligne 1 du métro…

 

Le RER D a été inauguré le 24 septembre 1995 et, de Montgeron nous pouvons aller directement à Châtelet, Gare du Nord, Stade de France et au delà avec les vicissitudes quotidiennes que nous connaissons. (Cf : voir l’article Nouveau schéma du RER D). La ligne automatique 14 du métro à été ouverte au public en octobre 1998 et assure la correspondance vers Saint Lazare ou la bibliothèque Françoise Mitterrand.

 

Aujourd’hui, malgré se 156 ans, la gare de Montgeron construite en 1853 est toujours là. Bâtie par François Alexis Cendrier, qui a dressé les plan de toutes les gares de Paris à Lyon et à dessinés la gare de Lyon de Paris. Elle accueille environ 7500 personnes par jours. La salle d’attente se trouve à 17,450 km des quais de gare de Lyon et, elle est juchée à 44 mètres au dessus du niveau de la mer.

Sa place, Joseph Piette se nomme ainsi en hommage au  responsable de la Résistance de la Région  pendant la guerre. Il s’agissait d’un ancien cheminot montgeronnais. Auparavant, cette place avait pour nom….place de la Gare !

 

Les bombardements alliés de 1944 qui visaient Villeneuve triage n’ont que peu impactés Montgeron.

Quelques scènes de la Bataille du Rail de René Clément (1945) qui évoquait l’épopée des cheminots pendant la guerre, ont été tournées sur la voie entre Montgeron et Yerres, notamment au Pont de las Noisette. (En bas de la rue d’Yerres – limite Montgeron/Yerres).

 René Fallet, dans son roman « Banlieue Sud-Est » qui  relatait sa jeunesse, rappelle qu’en 1950, cinquante minutes étaient nécessaires à un train à vapeur pour relier Montgeron à Gare du Nord.


Nous mettons maintenant théoriquement dix huit minutes…en attendant pire ! Et hélas, le dimanche soir, les bras des voyageurs rentrant sur la capitale ne sont plus chargés des fruits et fleurs montgeronnais !

Le temps passe, inexorablement. Alors, lorsque vous attendrez votre RER ayez une courte pensée pour ce temps jadis, pas si éloigné, qui à participé aussi, à la construction du Montgeron que nous connaissons ;

 

Bon Voyage !

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