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Le blog d' Isabelle BIGAND VIVIANI - Montgeron ma ville

Raymond Paumier.

22 Février 2014, 00:14am

Publié par Jacques F

En cette période de vacances  scolaires, il est bon de se souvenir d'une figure montgeronnaise ayant beaucoup oeuvré  pour nos enfants .

 Mais avant d'évoquer ce personnage, un petit peu d'histoire de la "restauration scolaire" est nécessaire.

 

Jusqu'à une époque récente, l'école se contentait de diffuser le savoir mais n'avait pas en charge de restaurer nos enfants.

 La première tentative de ce type remonte à 1844 à Lannion (Côte d'Armor). Le maire Emile Depasse met au point la première "cantine" à l'intention des enfants nécessiteux de sa ville. Observons que l'emploi du mot "cantine", emprunté au langage militaire, démontre qu'il n'était pas question d'ouvrir les papilles de nos enfants à la gastronomie....

D'ailleurs, la salle de restauration s'appelait :"salle d'asile et d'hospitalité" où une bouillie de pain et de pomme de terre étaient servies.  Mais c'était un premier pas...

 

Il faut attendre 1869 pour que l'Etat, par la volonté de Victor Duruy (1811-1894) Ministre de l'Instruction publique,  s'intéresse vraiment à l'assiette de nos enfants  . Eneffet, celui demande aux Préfets de la République que dorénavant "les repas soient servis chaud" !

Un médecin inspecteur est bien nommé à la veille de la Première Guerre Mondiale. Il a théoriquement la charge du choix des aliments, de leur quantité et de leur préparation, mais le conflit mondial tue dans l'oeuf ce projet.

 

Jusqu'en 1945, les rations alimentaires se situaient entre 600 et 800 calories et , selon la phrase de Marcel Labbé, membre de l'Académie de Médecine "nos enfants sont à la fois sous alimentés et mal alimentés".

Les "rations" sont servis dans de froids préaux à l'hygiène douteuse,  servant notamment pour les cours de gymnastique. Le bol, l'assiette sont en métal ordinaire. 

Il était hors de question de fioriture,et surtout,les carences alimentaires et vitaminiques étaient nombreuses.

 

Raymond Paumier.

Le 14 juillet 1902, dans un petit village sarthois, naît au sein d'une famille nombreuse et modeste Raymond Paumier.

Boursier, il se destine très tôt à la carrière de maître d'école (Instituteur,  pardon Professeur des écoles maintenant).

Il rentre à l'École Normale du Mans dès l'âge de 20 ans. 

Diplôme en poche, il effectue ses première armes dans une école élémentaire de Paris et, très rapidement, s'installe en Seine-et-Oise : Montgeron.

Socialiste, il est très proche du maire  de Montgeron SFIO ,issu des élections de 1935  : le docteur Louis Saint-Pierre ,il soutient le Front Populaire. Il fonde à Montgeron le Patronage Laïque

 

La Seconde Guerre mondiale le surprend chez nous.
C'est le temps des épreuves et il découvre peu à peu sa vocation de nutritioniste.

Il écrit à Alexis Carrel (1873-1944) pris Nobel de Médecine en 1912 ,qui se trouve à la tête de la Fondation française ,pour l'étude des problèmes humains, nommé là par Vichy.

Contre tout attente Alexis Carrel lui répond et les deux hommes se rencontrent !
Raymond Paumier participe ainsi à la Fondation de la Mère et de l'Enfant qui deviendra en 1945,  la Protection Maternelle et Infantile.

 

Il travaille dans cette structure aux cotés de la grande diététienne Lucie Rondain, ainsi que du Docteur Sutter, mettant ainsi au point une étude sur l'alimentation de l'enfant.

Parallèlement, il s'engage clandestinement dans le réseau de Résistance "Libération Nord" et devient membre du Comité local de Libération de Montgeron au coté de Joseph Piette.

 

Dès la Libération, il retrouve sa place d'instituteur à Montgeron et, souhaite mette en pratique ce qu'il a appris à la Fondation, en matière de nutrition enfantine.

Josèphe Jacquiot, Maire de Montgeron tout de suite après la guerre, met à sa disposition une ancienne pouponnière de la ville "La Rosière" (cf : voir le dessin de Jean Effel). Raymond Paumier y installera le premier restaurant scolaire.

 

Sa devise "nourrir sur mesure et non pas faire manger en confection" y sera appliquée.

 

Plus de réfectoire vaste et bruyant, mais de petites salles à manger, peintes de couleur pastel, avec un mobilier adapté à la taille des enfants et des rideaux aux fenêtres le tout agrémenté de pot de fleurs.

Les tables couvertes de toiles cirées, reçoivent des enfants qui mangent dans des  assiettes en porcelaine, et, les verres remplacent les gobelets.

"Est-ce les déclasser que de les faire manger dans une assiette de faïence au lieu d'une assiette en fer ? " lance t'il aux réticents !

 Les repas sont composés et servis par un personnel compètent et impliqué. Ils sont enfin équilibrés et variés ,avec notamment le lait qui remplace ....le cidre et le vin !

 Le climat "familial" instauré, il y crée la convivialité et la civilité , deux des buts recherchés par Raymond Paumier.

Il s'agit d'une véritable révolution qui intéresse l'Education Nationale et,  beaucoup de villes françaises.

De nombreuses délégations étrangères viennent en visite à Montgeron ,et, Raymond Paumier est sollicité pour animer des conférences à travers le pays.

Il reçoit les palmes académiques, et, prend sa retraite en 1967 . Elle ne restera pas inactive !!!
Il gardera un oeil sur l'oeuvre de toute sa vie.

En 1973 il publie un livre de souvenir "Un homme se penche sur leur assiette".

 

Il décède en 1975 à 73 ans.

 

La rue de Draveil est débaptisée et se nomme maintenant Raymond Paumier. Elle menne les montgeronnais vers le quartier excentré de l'Oly et notre ville voisine.

Commenter cet article

Claude Paumier 29/05/2012 18:03


Merci à vous d'évoquer en termes élogieux mon grand père, mais si ses origines étaient modeste il était par contre fils unique .Cela ne change rien quant à son parcour.


Salutations.

Isabelle BIGAND VIVIANI 30/05/2012 11:07

Merci, je vais corriger
N hésitez pas à partager sur votre grand père avec nous .
À bientôt